La qualité de l’animation et de l’animateur de la démarche participative sont importantes pour sa réussite.
« Sa compétence consiste à savoir faire s’exprimer les compétences des autres et à instaurer une dynamique qui les aident à faire aboutir le projet. »
Un animateur extérieur
« La présence d’un animateur extérieur chargé de faire en sorte qu’une dynamique de dialogue s’installe peut être utile. Cette fonction d’animation peut être assurée par le décideur ou par un des techniciens de l’équipe opérationnelle. Une personne peut-être recrutée pour assurer la fonction d’animation.
C’est le cas, quand le dossier est très controversé et qu’une des fonctions principales de la concertation est d’arriver à dépasser une situation conflictuelle. La présence d’un animateur qui n’est, ni le maître d’ouvrage, ni un membre de l’équipe opérationnelle, peut apporter une certaine sérénité aux débats. L’animateur joue dans ce cas, à la fois un rôle d’animateur et un rôle de médiateur.
La présence d’un animateur peut être précieuse, si on sait que le dialogue s’installera difficilement parce que les gens à qui l’on s’adresse n’ont absolument pas l’habitude de s’exprimer dans un cadre officiel. Son premier travail sera de créer un climat de confiance, faire en sorte qu’une reconnaissance mutuelle existe. Pour cela, il faudra qu’il privilégie l’écoute mutuelle sans chercher à s’imposer lui même. »
La concertation en aménagement, CERTU, 2000, 168 p.
Indépendance, neutralité ou équité ?
« Premier élément : l’indépendance de l’animateur est d’abord conditionnée par l’origine de son intervention. Qui lui a demandé d’intervenir ? Qui définit les termes de sa mission ? Avec qui passe-t-il un contrat ?
Trois cas de figure sont favorables :
toutes les parties (ou tout au moins les principales) l’ont sollicité ;
la demande vient d’une autorité reconnue par les parties en présence (la préfecture, par exemple, ou le maire) ;
la compétence de l’animateur est connue et reconnue (notamment, sa capacité à préserver son indépendance et sa neutralité). »
« Deuxième élément : l’animateur doit rechercher le plus possible la réciprocité et doit éviter de porter un jugement sur ce qui est dit par telle ou telle partie, d’autant plus sur les personnes elles-mêmes. Le fait de solliciter l’avis de chacun et de veiller à la compréhension mutuelle est un élément clé de la réciprocité. »
« Troisième élément : certains animateurs pensent que la recherche de la neutralité ne doit pas masquer la recherche de l’équité. Autrement dit, il ne faut pas oublier que des rapports de force inégaux existent parfois entre les parties. Sans cesser d’être neutre, l’animateur peut agir pour compenser ces inégalités. Equilibre délicat, sans doute !
Par exemple, l’animateur peut très bien, lors des entretiens préalables, aider chacune des parties à préparer l’exposé de son problème ; et ceci peut être particulièrement utile pour une partie qui n’a pas l’habitude de s’exprimer en public. [...]. »
« Quatrième élément : l’animateur d’un dialogue territorial doit-il veiller au respect de l’intérêt général et du long terme ?
C’est une question particulièrement sensible dans le domaine de l’environnement.
Certains n’hésitent pas à dire que l’animateur doit porter les intérêts des parties qui ne seraient pas représentées dans le processus (les générations futures, par exemple). »
P. Barret, Guide pratique du dialogue territorial, Fondation de France, 2003, 136 p.
« L’animation est sollicitée pour créer les conditions [...].de compromis entre les différents acteurs locaux et mener ceux-ci vers une volonté collective [...]. de participer, si ce n’est à la mise en œuvre de l’intérêt général, du moins, [...].à sa définition.La fonction animation est ainsi de façon primordiale celle qui assure une démarche d’apprentissage. Cet apprentissage devra faire cohabiter des champs culturels, des structures, des pratiques sociales et professionnelles d’une grande diversité dont l’animateur aura à veiller qu’ils soient traités à équité et dans le respect mutuel.L’animation d’une démarche participative est par essence une entreprise ouverte [...]. On pourra vérifier à tout moment qu’elle est un pont entre l’individu, les groupes, les communautés et les institutions, qu’elle est créatrice de citoyenneté et d’intégration.L’animateur pourrait avoir comme fonction d’organiser une relation équitable entre les trois interlocuteurs en leur permettant de se rencontrer dans de bonnes conditions. »

« Dans un espace dédié à cette fonction, les usagers seraient capables d’interpeller le « contrat de gestion » qui lie politiques et techniciens, lesquels pourraient questionner le « contrat politique » entre les citoyens et les élus, ces derniers étant habilités à transformer les services apportés par les techniciens à la population.Le rôle de l’animation pensée comme médiation démocratique est de faire en sorte que chaque parole soit prise en considération, qu’il s’agisse de l’exposé docte d’un spécialiste, du « coup de gueule » d’un militant, des inquiétudes d’un représentant communal ou des stratégies de reconnaissance d’un groupe de pression. Chaque intervention est retenue pour ce qu’elle soulève comme problèmes ou comme satisfactions, comme ressources sur lesquelles s’appuyer ou comme faiblesses à compenser. » Animer un projet participatif, modes d’emploi, Adels, 2005, 139 p.
« [A propos d’une permanence d’une association sur le marché]. Il y a des cahiers pour s’exprimer, les animateurs sont là à la fois pour écouter, noter et répondre, ou aiguiller vers des lieux ou des personnes quand la question est très spécifique. [...]. Il y faut des animateurs de qualité et très informés eux-mêmes. »
Renouvellement urbain : participation des habitants, monographies, CDC - CNV - Habitat et Territoires, 2004, 69 p.