LE BLANC-MESNIL (93) - 46 838 habitants - Atelier santé-ville
La ville du Blanc-Mesnil (Seine Saint-Denis), 46 838 habitants, se compose d’une population jeune, même si la tendance générale est au vieillissement. Son tissu urbain est relativement serré, avec une zone d’habitat collectif importante, ainsi qu’une zone pavillonnaire étendue. Près de la moitié de la population vit en habitat social. Une intervention de développement social urbain est menée depuis de nombreuses années et a conduit à une pratique forte de participation des habitants. En 2000, un travail d’amélioration du lien et de l’accès aux soins et aux droits par la médiation a été entamé avec le foyer de travailleurs migrants Manouchian dans le cadre de l’Atelier santé-ville (ASV) de la ville. Objectif visé par l’opération : enrayer le phénomène de ségrégation et ouvrir le foyer sur l’extérieur, ainsi que le préparer à accueillir de nouveaux locataires en fonction d’objectifs de peuplement cohérents. La réflexion qui s’est alors engagée sur le devenir du foyer s’est élaborée à travers un diagnostic permanent associant largement ses résidents.
Personnes ressource : Delphine Dubois-Fabing, coordinatrice Atelier santé-ville (ASV) du Blanc-Mesnil, Politique de la ville et vie des quartiers : 01 48 67 45 80, asvbm@club-internet.fr
Patrick Norynberg, DGA, Direction du développement social et territorial, démocratie participative : 01 45 91 70 95, norynberg@ville-blanc-mesnil.fr
Contexte
En 1995, l’amicale des locataires du foyer Manouchian, dans les quartiers Nord de la ville, se mobilise contre la hausse des loyers, avec le soutien de la municipalité. Parallèlement, un déficit de structures de santé et de services publics dans les quartiers Nord est constaté. Le renforcement de l’accès à la santé étant inscrit dans la convention du contrat de ville 2000-2006 du Blanc-Mesnil signé le 24 novembre 2000, ainsi que dans la convention territoriale de juin 2001, proposition est faite aux résidents du foyer Manouchian de travailler sur la problématique santé. La concertation porte sur l’amélioration de l’accès aux soins et aux droits pour les résidents du foyer afin de valoriser et de renforcer les savoirs dans le domaine de la santé et des droits, d’améliorer l’accès à la santé et aux droits des résidents et de leur entourage - et en particulier aux structures de droit commun -, ainsi que le bien-être des résidents en rompant leur isolement et le lien social entre les résidents et avec les autres habitants du quartier.
Démarche
Après une première étape de présentation du projet aux résidents du foyer, il a paru important aux initiateurs de la démarche de la faire connaître aux différents services intervenant dans les domaines de la santé et du social dans la commune en vue de les mobiliser. Un médiateur expérimenté en matière de soutien aux personnes immigrées sur les questions sanitaires et sociales intervient en étroite collaboration avec deux référents chargés d’assurer la coordination avec les différents services municipaux. En trois ans, la construction collective du projet a été progressive. Les résidents ont toujours été associés aux décisions, et ce sur des sujets de plus en plus nombreux. Tout d’abord sur les objectifs généraux du projet, jusqu’aux ressources humaines. Depuis un an, les éléments financiers ont également été évoqués avec les résidents. Prochaine étape : l’autonomie. Pour un certain nombre de professionnels, l’intervention en direction de groupes de population est une démarche tout à fait nouvelle : s’inscrire dans un processus participatif dans lequel les résidents prennent toute leur place d’acteurs les a conduit à sortir de leur positionnement professionnel habituel.
Résultats, suivi
La réalisation d’une évaluation a été programmée dès la phase de conception de l’action. La mesure des impacts de ce projet, développant des modes de coopération innovants sortant des logiques instituées, est essentielle. En effet, c’est à partir de l’analyse des éléments recueillis que les modalités de l’action peuvent être ajustées et transposées dans d’autres lieux. Il a été décidé de s’appuyer sur un tiers pour accompagner la démarche d’évaluation.
Une importante mobilisation des personnes ressource est attendue, qui devrait permettre de "révéler" les ressources dont disposent les résidents, ainsi que leurs besoins de formation. En 2005, l’objectif visé est la pérennisation de la dynamique engagée, la consolidation des activités développées et l’autonomisation du projet.