Etude de contexte

Pour le porteur de projet, comprendre le contexte du projet est un atout à la veille d’une démarche participative.

« Il faut identifier les motifs essentiels qui fondent les positions des uns et des autres. »

L’étude de contexte a pour objectifs

>> D’identifier les acteurs susceptibles de prendre part à la démarche de concertation et de débat public et de prendre la mesure de leurs opinions, convictions, savoirs, intérêts et positionnements à l’égard du projet. « L’intérêt de l’étude de contexte c’est de clarifier les acteurs qui pourront être des points d’appui possibles, sur lesquels on pourra se reposer pendant le débat. C’est un travail préliminaire utile. » Par delà le pur recensement des « pro » et des « anti », il s’agit surtout d’obtenir des éléments pour comprendre les logiques argumentatives existantes.

>> D’apprécier la sensibilité des problématiques sociales, économiques et environnementales : « il s’agit de déterminer ce sur quoi il n’y aura pas de débat ou, au contraire, les thèmes de discussions probables ; il s’agit de mesurer le niveau de partage de la problématique du projet ; de lister les questions qui vont être posées ». C’est utile pour :
-  Concevoir et rédiger le dossier de la concertation
-  Faire émerger les points susceptibles de faire l’objet d’études complémentaires
-  Faire émerger les thèmes de débat pertinents.

>> De définir une démarche de concertation adaptée aux enjeux ainsi qu’aux attentes des acteurs et publics ; de mieux s’engager dans le débat public.

Attention : l’étude de contexte ne remplace pas la démarche de concertation ou de débat proprement dite. Par ailleurs, « il faut éviter de penser qu’avec l’étude de contexte on a tout prévu : il faut savoir qu’on sera de toute façon surpris » ; « l’étude de contexte ne doit pas être envisagée comme une garantie que l’on sait ce qui va se passer dans le débat ».

L’étude de contexte permet au maître d’ouvrage de s’engager dans la démarche en étant :

-  Averti : une telle connaissance préalable est utile pour aborder l’échange sans appréhension. Elle n’empêche pas l’expression des opposants, elle permet de se préparer à l’accueillir.
-  Préparé aux argumentaires de ses interlocuteurs : l’étude de contexte permet au maître d’ouvrage de prendre de la distance par rapport à ses propres perceptions et savoirs, convictions, de s’interroger sur son propre positionnement. « Faire une grille de lecture du projet vu par les interlocuteurs est utile car ils ont une vision différente de l’angle rationnel du maître d’ouvrage qui pense en équation mathématique. » Cela lui permet d’aborder la concertation et le débat public en ayant les moyens « de faire le pas pour aller sur le registre de l’interlocuteur ».
-  Perçu comme « ouvert » : l’étude de contexte constitue un premier contact, une amorce des échanges qui témoigne d’une démarche d’ouverture et du souci d’élaborer un cadre d’échanges qui corresponde aux attentes des participants. « C’est déjà un moment où l’on va donner l’occasion aux acteurs du territoire d’être écoutés. »

Concertation/débat public, Fiches méthodologiques, MELTM, 2004, 48 p.


« Engager une concertation sans analyser préalablement son contexte et les attentes qu’elle génèrera, risque d’en réduire l’intérêt et la portée, donc d’affaiblir la légitimité du projet qui suivra. Une série d’entretiens individuels avec des élus, associations, acteurs économiques, services administratifs..., permettra de planter le décor de la concertation.

Les résultats de cette étude permettront d’identifier les différents partenaires, de mesurer les objectifs de chacun et de concevoir un dispositif adapté au contexte local et susceptible d’impliquer valablement les acteurs. »

Concertation/débat public, Quelques leçons de l’expérience, MELTM, CGPC, 2002, 112 p.


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