Association

Le secteur associatif, acteur social clé, se caractérise par sa diversité. Diversité dont il faut tenir compte aux moments de concevoir et de mettre en place une démarche participative.

Les associations d’usagers sont devenues au cours du temps des interlocutrices régulières des services de l’Etat. Selon les termes même de la charte d’engagements réciproques entre l’Etat et les associations : « le secteur associatif, dans la diversité et l’indépendance qui sont sa richesse, s’est révélé une force utile d’alerte et d’interpellation. Il est devenu un acteur fondamental de développement, d’innovation et de cohésion de la société, ainsi qu’un vecteur de la vie publique. »

L’association est l’expression organisée d’un projet collectif. Son action doit avoir une finalité altruiste et son but est non lucratif.

L’association est un acteur relais entre les services publics et les populations. Elle constitue un vecteur d’information et de sensibilisation indéniable.

L’association est un acteur expert. Elle est détentrice d’une connaissance technique, d’une compétence d’usage et d’une capacité d’innovation. Compte tenu de sa proximité physique et morale des populations, elle dispose d’une aptitude à déceler et révéler les besoins sociaux, s’appliquant alors à les satisfaire.

L’association est un acteur mobilisateur. Elle favorise et cristallise l’expression de revendications et de demandes. Les associations poursuivent généralement de front ces trois objectifs. Elles cherchent ainsi à être considérées et reconnues comme véritable interlocuteur dans la vie locale. Améliorer les relations des services de l’Equipement avec les associations, MELTM, 2002, 32 p.


L’extrême diversité des associations, leur objet, leur nombre d’adhérents ou leur appartenance à un réseau national les rendent parfois difficiles à appréhender. Les habitants d’une ville sont parfois organisés en associations. Certaines se créent à l’occasion d’un PDU pour défendre un intérêt local particulier. D’autres, comme la fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT), travaillent sur le long terme avec des perspectives plus étendues. Dans chaque cas, les intérêts défendus, la capacité de mobilisation ou les compétences en matière de déplacements seront différentes, ce qui implique une intégration particulière au processus de concertation. Les associations travaillant sur le long terme pourront être intégrées dans les groupes de travail techniques en tant qu’experts. Un travail d’écoute et de formation aux problématiques de transport sera par contre nécessaire pour les associations non familiarisées avec ces problèmes. La concertation dans les PDU, CERTU, 2003, 66 p.


Face au maître d’ouvrage, les associations apportent en quelque sorte ce que certains nomment la « maîtrise d’usage ». Certaines d’entre elles parviennent d’ailleurs à un niveau d’expertise et de professionnalisme élevé. Ce monde associatif, complexe et évolutif, arpente, connaît et anime le territoire. Pour le maître d’ouvrage, la difficulté consiste à prendre correctement sa mesure dans toute sa diversité. En effet, le tissu associatif qui peut se manifester à l’occasion d’une concertation est souvent très riche ; ses champs d’interventions peuvent s’exercer à diverses échelles, s’ancrer dans l’action locale comme avoir une représentativité régionale, voire nationale...

Il s’agit :
-  Des associations de défense de l’environnement ;
-  Des associations d’usagers ou de consommateurs ;
-  De riverains (en général des associations émergentes, en réponse à un projet circonscrit) ;
-  Mais aussi des associations anciennes, notamment culturelles (patrimoine naturel et bâti, archéologie...) ;
-  Ou d’autres, liées par exemple à la sécurité routière.

Concertation/débat public, Quelques leçons de l’expérience, MELTM, CGPC, 2002, 112 p.


Les profils des forces vives des quartiers ont changé : les jeunes adultes, les femmes, les chômeurs, prennent le relais des mouvements d’éducation populaire. Les associations se diversifient : certaines se structurent sur le mode affinitaire (boulistes, tontines des villageois maliens, jardiniers familiaux...) ; d’autres s’organisent sur le mode partenaire avec l’action publique (comités de quartier, groupes de femmes relais, comités de chômeurs, de parents d’élèves, d’usagers des transports, jeunes citoyens en lutte contre les discriminations) ; d’autres encore s’organisent sur le mode prestataires de service d’économie sociale et solidaire. Renouvellement urbain : participation des habitants, méthodes et pratiques, CDC, 2002, 57 p.


L’association : agent, contractuel ou acteur ? Une deuxième tentative, encore très générale, peut utiliser des clés empruntées à la sociologie des organisations et distinguer :
-  les associations qui ont pour vocation de se situer au plus près de l’État, décentralisé ou non, pour en être un agent (...) Elles reçoivent, pour ce faire, une délégation de service public, perçoivent un prix de journée, etc. ;
-  les associations qui souhaitent impulser des changements et les faire reconnaître par les pouvoirs publics, avec lesquels elles vont négocier les contours de leur identité institutionnelle, de leur objet, de leurs modes d’action, de leurs partenariats et des conditions d’évaluation de leur action. Elles se situent en qualité de partenaire contractuel. Entendons par là qu’elles vont obtenir des moyens publics pour mener à bien une mission, qu’en leur qualité de personne morale privée, elles ont contribué à définir ;
-  les associations qui souhaitent agir en préservant leur autonomie et leur indépendance. Plusieurs raisons à ce positionnement : elles peuvent disposer des moyens de leur existence et n’ont pas besoin d’une reconnaissance (financière ou institutionnelle) pour subsister ; ou choisir de ne pas avoir à négocier ces moyens pour conserver leur totale capacité d’acteur et leur liberté de parole ou d’action. Bien sûr, ces trois types peuvent cohabiter au sein d’une même structure. Animer un projet participatif, modes d’emploi, Adels, 2005, 139 p.


Il semble [...] que placer les associations dans le triangle vertueux des relations entre élus, habitants et techniciens relève avant tout d’un diagnostic local précis [...]. Ceux-ci doivent viser à sortir de deux écueils : la vision angélique qui entoure d’une aura bienfaitrice le bénévole, adhérent sympathique et volontaire, l’organisation non lucrative, la structure proche de l’habitant, le mieux-disant social ; la vision diabolique qui accroche une queue de perversité à ce même bénévole, un soupçon d’illégitimité politique à l’adhérent, de détournement d’objet social ou de dérive institutionnelle éloignant l’association des habitants. Conseils de quartier, modes d’emploi, Adels, 2004 (2e éd. augmentée), 166 p.


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