Animateur

Compétences et fonctions de l’animateur

A l’heure actuelle, la plupart des personnes jouant un rôle d’animateur du dialogue territorial n’ont pas suivi de formation spécifique. En revanche, certains animateurs ont suivi des stages sur la conduite de réunions, sur la gestion patrimoniale ou plus rarement sur la gestion des conflits et la médiation. La compétence est donc principalement liée aux qualités personnelles de l’animateur, et à l’expérience acquise dans l’animation de groupes de travail ou lors de conflits déjà vécus.

Indépendance, neutralité ou équité ?

Premier élément : l’indépendance de l’animateur est d’abord conditionnée par l’origine de son intervention. Qui lui a demandé d’intervenir ? Qui définit les termes de sa mission ? Avec qui passe-t-il un contrat ? Trois cas de figure sont favorables :
-  toutes les parties (ou tout au moins les principales) l’ont sollicité ;
-  la demande vient d’une autorité reconnue par les parties en présence (la préfecture, par exemple, ou le maire) ;
-  la compétence de l’animateur est connue et reconnue (notamment, sa capacité à préserver son indépendance et sa neutralité).

Deuxième élément : l’animateur doit rechercher le plus possible la réciprocité et doit éviter de porter un jugement sur ce qui est dit par telle ou telle partie, d’autant plus sur les personnes elles-mêmes. Le fait de solliciter l’avis de chacun et de veiller à la compréhension mutuelle est un élément clé de la réciprocité.

Troisième élément : certains animateurs pensent que la recherche de la neutralité ne doit pas masquer la recherche de l’équité. Autrement dit, il ne faut pas oublier que des rapports de force inégaux existent parfois entre les parties. Sans cesser d’être neutre, l’animateur peut agir pour compenser ces inégalités. Equilibre délicat, sans doute ! Par exemple, l’animateur peut très bien, lors des entretiens préalables, aider chacune des parties à préparer l’exposé de son problème ; et ceci peut être particulièrement utile pour une partie qui n’a pas l’habitude de s’exprimer en public. Il peut aussi reformuler avec plus d’éloquence la parole du « dominé » qui a du mal à s’expliquer. Tout animateur se trouve ainsi placé face à un choix essentiel : soit uniquement pacifier les rapports de force, soit contribuer à l’évolution de ces rapports.

Quatrième élément : l’animateur d’un dialogue territorial doit-il veiller au respect de l’intérêt général et du long terme ? C’est une question particulièrement sensible dans le domaine de l’environnement. Certains n’hésitent pas à dire que l’animateur doit porter les intérêts des parties qui ne seraient pas représentées dans le processus (les générations futures, par exemple).

Guide pratique du dialogue territorial (Fondation de France)


L’animateur

Sa compétence consiste à savoir faire s’exprimer les compétences des autres et à instaurer une dynamique qui les aident à faire aboutir le projet.

Un animateur extérieur La présence d’un animateur extérieur chargé de faire en sorte qu’une dynamique de dialogue s’installe peut être utile. Cette fonction d’animation peut être assurée par le décideur ou par un des techniciens de l’équipe opérationnelle. Une personne peut-être recrutée pour assurer la fonction d’animation. C’est le cas, quand le dossier est très controversé et qu’une des fonctions principales de la concertation est d’arriver à dépasser une situation conflictuelle. La présence d’un animateur qui n’est, ni le maître d’ouvrage, ni un membre de l’équipe opérationnelle, peut apporter une certaine sérénité aux débats. L’animateur joue dans ce cas, à la fois un rôle d’animateur et un rôle de médiateur.

La présence d’un animateur peut être précieuse, si on sait que le dialogue s’installera difficilement parce que les gens à qui l’on s’adresse n’ont absolument pas l’habitude de s’exprimer dans un cadre officiel. Son premier travail sera de créer un climat de confiance, faire en sorte qu’une reconnaissance mutuelle existe. Pour cela, il faudra qu’il privilégie l’écoute mutuelle sans chercher à s’imposer lui même.

La concertation en aménagement, CERTU, 2000


[A propos d’une permanence d’une association sur le marché]. Il y a des cahiers pour s’exprimer, les animateurs sont là à la fois pour écouter, noter et répondre, ou aiguiller vers des lieux ou des personnes quand la question est très spécifique. [...] Le marché est le lieu interactif par excellence la où la sensibilisation « accroche » et « fait retour ». Il y faut des animateurs de qualité et très informés eux-mêmes.

Participation des habitants dans les projets urbains : monographies, CNV, CDC, Habitat et Territoires, p.25


On remarque souvent, dans les ateliers de travail, les réunions de groupes ressources, ou dans d’autres dispositifs, combien la « conversation publique » est itérative et labile en présence des habitants : on passe de la gestion à la production ; de l’information à l’évaluation et à la concertation par le seul jeu des associations d’idées. D’où la fonction stratégique de l’animateur de ces conversations publiques, et du choix par le directeur de projet, s’il n’assume pas lui-même cette fonction, de la personne à laquelle il va la déléguer.

Participation des habitants dans le renouvellement urbain : méthode " et pratiques ", CDC, CNV, Habitat et Territoires, p. 39


L’animateur d’un projet participatif aura sans doute, et le plus tôt possible, à faire comprendre à la personne physique ou morale qui est à l’initiative d’une démarche qu’elle doit accepter de se dessaisir en partie de la démarche pour la remettre entre les mains du groupe projet pour qu’il se l’approprie. C’est d’ailleurs un bon test initial de l’authenticité de la volonté qui est à l’œuvre et de la réalité des fondements participatifs de la démarche. Plus l’initiateur d’une démarche de projet est investi dans la définition préalable de celui-ci, plus il lui sera difficile de confier les marges d’autonomie nécessaires à ceux qui vont le faire vivre. (...) L’animateur d’une démarche de projet risque d’être pris dans le jeu des acteurs où son impartialité sera mise à l’épreuve. Il devra veiller aux tentatives d’instrumentalisation par les uns aux dépens des autres. Cette dérive est sans doute la plus complexe à contenir, parce que les sollicitations peuvent venir de toute part : élus, techniciens municipaux, militants associatifs, jusqu’au fameux « habitant lambda » auront, tour à tour, à un moment ou à un autre, un argument à faire valoir pour s’attacher l’accord de l’animateur et faire évoluer le projet dans un sens jugé propice.

Animer un projet participatif, modes d’emploi, Adels p.24


(L’animateur) devrait, en effet, ne plus être pris en tenaille entre son commanditaire politique et la population dans une injonction double et donc contradictoire : agent d’une communication descendante et accompagnateur dans un sens, mobilisateur de mouvements ascendants dans l’autre. L’animateur pourrait avoir comme fonction d’organiser une relation équitable entre les trois interlocuteurs en leur permettant de se rencontrer dans de bonnes conditions dans cet espace nouveau, au centre des enjeux locaux. Dans un espace dédié à cette fonction, les usagers seraient capables d’interpeller le contrat de gestion qui lie politiques et techniciens, lesquels pourraient questionner le contrat politique entre les citoyens et les élus, ces derniers étant habilités à transformer les services apportés par les techniciens à la population.

Animer un projet participatif, modes d’emploi, Adels p.59


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